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Editorial - Il faudra payer pour les emprunts d’hier … et de demain

Quel triomphalisme que celui de l’annonce, en septembre dernier, d’un emprunt de 22 milliards par l’Etat belge ! Notre pâle ministre des finances, qui avait lamentablement échoué dans son projet de réforme fiscale, annonçait enfin un « succès ». Celui-ci consistait à endetter l’Etat encore plus, à concurrence d’une somme monstrueuse, moyennant un avantage fiscal discriminatoire, et pour une durée très brève, d’un an.

Nous l’avions annoncé dans Idefisc à l’époque : le problème c’est que les emprunts, cela doit se rembourser, et qu’en l’occurrence le remboursement viendra à échéance très rapidement, soit en septembre prochain.

D’où une première préoccupation : celle des banques et des compagnies d’assurances, qui voudraient bien récupérer le pactole qu’ils avaient dû lâcher à l’époque. D’où le lancement de deux produits, qui peuvent néanmoins être efficaces, dont des bons de caisse à un taux de 3 % moins un précompte, soit 2,1 %, identique au dernier emprunt d’Etat. Avec, il est vrai, une moindre liquidité des titres. Mais, enfin, on peut espérer que la concurrence jouera entre les banques, et donc au profit de l’épargnant-consommateur.

L’autre préoccupation est évidemment celle de l’Etat, qui annonce déjà l’émission d’un nouvel emprunt. Mais, comme on ne voit pas comment il parviendra à décider, en affaires courantes, une exonération du précompte, le ministre sera bien embarrassé et, dès le départ, l’émission se révèle sans surprise être un flop comme celui de l’emprunt destiné au public il y a quelques mois et qui n’a presque rien rapporté. On ne prête à l’Etat que si on obtient des avantages fiscaux …

Il faudra donc que l’essentiel provienne de nouveaux emprunts auprès des marchés, pour rembourser le capital de l’emprunt de septembre et, bien sûr les intérêts. Puisque notre Etat n’est pas capable de trouver de l’argent autrement qu’en taxant et en empruntant. Et il est bien connu que « les emprunts d’aujourd’hui sont les impôts de demain ».

Tout cela dans un contexte où on parle de 20 milliards de déficit, qu’on ne sait comment combler. Il y a évidemment ceux, à gauche et quelques économistes, qui voudraient encore augmenter les impôts Et puis il y a très peu de monde, en politique, qui prescrit ce qui devrait vraiment être fait : réduire les dépenses.

Pauvre contribuable belge. Pauvre de devoir payer, et, à ce rythme, sans doute pauvre tout court à brève échéance.

Auteur : Typhanie Afschrift

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